Spectacle

Monarques

D’après le roman de Philippe Rahmy

Par Sophie Kandaouroff, Cie THÉÂTRE K

du 13 au 29 avril 2018

Denis Lavant - VERTIGO - la 1ère - jeudi 12 avril 2018

MONARQUES fait vivre une mystérieuse coïncidence historique, géographique et biographique. La grande Histoire d’un jeune Juif meurtrier d’un diplomate nazi à Paris, en 1938, et la petite histoire d’un jeune arabe frappant à mort un diplomate russe à Paris, en 1983. Malgré leurs irréductibles différences, ces deux lignes de vie se croisent, se répondent, interrogent le rapport entre victimes et bourreaux, le droit à se défendre, et, plus généralement, la violence. Le jeune arabe, devenu écrivain, raconte ces deux histoires en les déroulant depuis l'enfance. Lui, personnage candide provenant d'un milieu rural suisse romand modeste, souffrant depuis la naissance de la maladie dite « des os de verre » et débarquant à Paris en 1983 pour étudier, et le jeune juif d'origine polonaise, Herschell Grynszpan, dont il invente l'histoire, en Allemagne d’abord, avant son départ pour la France, puis à Paris. Ce projet est né de la rencontre de Sophie Kandaouroff avec l'écrivain Philippe Rahmy lors de sa résidence d'écriture au Château de Lavigny (résidence dont elle est directrice, parallèlement à son métier de metteur en scène). La pièce MONARQUES est une adaptation du dernier roman de l’auteur paru en août 2017 aux Éditions La Table Ronde. Philippe Rahmy a reçu le Prix suisse de littérature 2017 pour son roman Allegra (Éditions La Table Ronde, 2016).

Autour de MONARQUES par Philippe Rahmy (septembre 2016)

L’été dernier, lors de ma résidence d’écrivain au Château de Lavigny, j’ai écrit « Monarques », un texte dont l’histoire m’accompagne depuis longtemps, l’histoire d’Herschel Grynszpan, un jeune Juif polonais, originaire d’Allemagne, qui vivait à Paris sans papiers à la fin des années trente, en exil, et qui, porté par un concours de circonstances, par le tressage de la petite et de la grande Histoire, s’est un jour trouvé à brandir une arme pour abattre Ernst vom Rath, un attaché de l’ambassade d’Allemagne à Paris. Par l’un de ces hasards objectifs auxquels on ne comprend rien, mais qui s’imposent comme nécessité, la vie d’Herschel s’est un jour prise dans la mienne. Nous sommes alors en 1983. Je réside à Paris, rue Mazarine, dans une chambre de bonne, à faire le Rastignac entre un semblant d’études au Louvre et beaucoup de vie trépidante, de vie tout court, dans les cafés et les rues du quartier Latin. Un soir, un attaché d’ambassade russe m’invite chez lui pour boire de la vodka. Je suis fauché, j’aime la vodka, le type est sympathique, j’accepte. La suite, je ne vous la raconte pas, elle se résume à quelques mots : cet homme se jette sur moi, nu. De santé fragile, je me défends comme je peux, je saisis une bouteille qui se casse, je frappe le Russe à la gorge. Il s’effondre. Je le laisse pour mort. Je quitte Paris. Mais le soir-même, après avoir changé mes vêtements sanglants contre un T-Shirt acheté à l’angle de la Rue Grégoire-de-Tours, je tombe sur un article du Parisien qui raconte l’histoire d’Herschel Grynszpan, un gosse de 17 ans perdu à Paris en 1938, assassin d’un diplomate dont il était l’amant (selon les dires de Gide). Je suis assis à la terrasse de la brasserie Le Conti, je tremble, je lis cet article, je lève les yeux. Un camion se gare le long du trottoir. Sur le camion, je lis « HERSCHEL entreprise de transports »… à cet instant, j’ai su que mon existence s’était prise dans quelque chose, dans ce filin qui tracte les existences, les raccorde les unes aux autres et les projette contre le mur de la réalité.

Il a fallu plus de trente ans pour formuler ce tressage, pour transformer un aveu et un fait divers en littérature. En août 2015, le texte est venu d’un jet. J’ai ensuite passé l’année à retravailler « Monarques », à le refondre, à l’adapter pour la scène avec Sophie Kandaouroff, également responsable des résidences d’écrivain du Château de Lavigny.

Événement

Ce spectacle a lieu dans le cadre de l'événement Les représentations RELAX (3 octobre 2017 au 24 avril 2018).

Distribution

Adaptation et mise en scène: Sophie Kandaouroff
Dramaturgie: Rita Freda
Avec: Denis Lavant, Frank Michaux
Création lumière: Danielle Milovic
Scénographie: Sophie Kandaouroff
Construction décor : Pierre Vocat / Morigi SA
Musique et création sonore: Søren Siegumfeldt
Régie son: Frédéric Morier
Création vidéo: Julien Sulser
Costumes : Tania D’Ambrogio
Administration: Francine Kandaouroff
Soutiens: Canton de Vaud, Ville de Lausanne, Loterie Romande, Fondation Leenaards, Pour-cent culturel Migros, SIS Fondation suisse des artistes interprètes, Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature

Médias

Tarifs

Catégorie Prix
Tarif normal 25.00 CHF
Tarif réduit (étudiant, AVS, AI, membre) 15.00 CHF