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A L'AFFICHE!

4ème RÉVISION DE LA LOI SUR L’ASSURANCE-CHÔMAGE

Dimanche 12 septembre dès 11h30, en collaboration avec le Syndicat Suisse Romand du Spectacle, à 15 jours de la votation: venez participer à un Brunchstorming! Invité politique Pierre-Yves Maillard.

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THE NOVEMBER RAINBAND

SHOW CASE NONANTE-TROIS


Septembre / Octobre 2010

L’ÉPILOGUE de la « Saison Ultime – Ultime Saison, comédie dramatique en 5 actes » du 2.21

2009-2010 correspondait à la 15ème saison du 2.21. Plutôt que de célébrer un anniversaire, l’envie était alors de procéder à un bilan, tentative d’état des lieux des quinze années d’évolution du théâtre et, plus largement et par conséquent, de la création contemporaine, d’ici. Que signifie la nécessité de créer ? Quelle audace déploie-t-on aujourd’hui pour donner, par la voix des créateurs, sens à la culture afin que celle-ci donne à son tour sens à notre actualité ?

Des propositions de collaboration ont été lancées aux artistes, bien sûr, mais également à l’ensemble de ceux qui contribuent à rendre toute forme de production artistique possible et visible : théâtres, salles de concerts, médias, écoles publiques et professionnelles. En ont résulté des formes de partenariats aussi divers que coproductions, co-programmations, co-visibilités avec d’autres salles et institutions telles que l’Arsenic, le Théâtre de Vidy, la Grange de Dorigny, le Romandie, le Bourg à Lausanne, le Musée d’ethnographie à Neuchâtel, le Petithéâtre de Sion, L’Echandole à Yverdon ; et des collaborations polymorphes, présentant le 2.21 comme support et terrain de travail à des Hautes Ecoles professionnelles telles que la Manufacture (HETSR), le Conservatoire de Musique (option musique contemporaine), l’Ecole de couture de Lausanne, le Centre d’enseignement professionnel de Vevey – CEPV (photographie) et l’ECAL.

Le label « Saison Ultime-Ultime Saison » a caractérisé 2009-2010 en ce que l’ensemble du projet se voulait aussi relever de la gageure, de l’épreuve des limites qu’un lieu, tout comme les individus qui composent ses rouages, s’avère en mesure de dessiner, selon des paramètres aussi bien logistiques et budgétaires que liés aux compétences et aux envies de chacun. Définie (avec espièglerie) comme une « comédie dramatique » déclinée en 5 actes, la saison se devait d’aboutir à un épilogue, clé de voûte des démarches et de la dimension expérimentale initiées et défendues par le 2.21 depuis sa création.

Ainsi, de septembre à octobre, la phase épilogue relèvera du laboratoire et verra se conjuguer aussi bien des créations et des reprises de spectacles que des niches autonomes de travail (ateliers, résidences, expositions, stages, lectures, etc.). Les metteurs en scène Benjamin Knobil et Charles Joris notamment travailleront avec des comédiens professionnels ou en voie de le devenir, sur des textes d’auteurs divers (Hérodote placé entre les mains de Benjamin Knobil, qui confiera à son tour ses textes à Charles Joris).

La période offrira également la part belle aux arts visuels. Les étudiants de l’Ecole de photo de Vevey, qui se sont servis du 2.21, de son architecture, de ses ambiances et des projets programmés comme supports de recherche, exposeront une sélection de leurs travaux durant toute la durée de l’épilogue. Celui-ci s’achèvera par deux week-ends consacrés à l’édition indépendante avec la 4ème Convention organisée par Kabak, d’une part, et à la photographie encore, avec une exposition en déconstruction scénographiée par l’Agence lausannoise Strates.


Saison 2009-2010 COMEDIE DRAMATIQUE EN 5 ACTES

La 15ème saison de notre petit théâtre.
Multi-salles et centre culturel de poche.
Lieu de vie et d’échange pour les créateurs.

De tout temps, le 2.21 a essayé d'encourager et de défendre la jeune création, les projets innovants ou décalés. En tant que terrain de recherches et d’expérimentation pour celles et ceux qui s’efforcent de raconter leurs histoires de façon différente, nous avons tenté de donner l'occasion aux jeunes compagnies de faire entendre leur voix et de prendre leur essor. Un rôle que nous avons toujours eu plaisir à tenir. De nombreuses années durant, les projets reçus rivalisaient d’inventivité et d’audace, et bien souvent, nous avons été confrontés à la difficulté d'effectuer des choix. Il était souvent injuste de n’être ce tremplin que pour certaines compagnies. Toutefois, après quelques créations en nos murs, elles pouvaient espérer investir les théâtres plus grands, mieux connus, plus largement fréquentés. Avec un peu de recul, nous pourrions dire que notre seul souci se résumait à l'embarras du choix

D’aucuns nous disent que les choses ont changé, et force est de constater qu’il n’est pas aisé, ces dernières années, de poursuivre une telle démarche. L’essence même des projets, la nécessité de les raconter, les moyens financiers, l’emballage technique, promotionnel, médiatique, la possibilité de se faire connaître ici ou là et bien sûr la quantité de projets, d’artistes, de lieux, tout change et évolue. Ainsi tout participe à créer le tissu culturel et social, et chacun œuvre afin de s'y sentir intégré. Ou alors de s’en extraire. Ou encore d’insidieusement s’y noyer. Mais est-il juste de croire que dès lors que les choses changent, elles le font nécessairement dans le bon sens ?

Bien sûr, souvent, au moment d'aller au feu, l'engagement et l'enthousiasme des artistes s'avèrent indéniables et méritent le plus grand respect. Oui, il arrive que l'on nous conte des histoires formidables, et le simple fait de s'y essayer est déjà grandement positif. Mais il n'en demeure pas moins qu’il nous apparaît de plus en plus difficile de savoir à quel point la détermination et l’audace de réaliser ces projets naissent de la nécessité de garder le théâtre et la culture vivants, novateurs. Ou s’il s’agit seulement de se fondre dans un moule, aussi vaste soit-il, qui permette uniquement de « durer », en attendant, peut-être, de redevenir soi.

Si l'heure est au bilan...

La création foisonne, notamment à Lausanne. Mais que faisons-nous pour défendre véritablement et avec engagement les artistes d'aujourd'hui et particulièrement ceux de demain? Ceux qui, par définition, pour faire leur place, cultivent la vivacité de remise en question dans l’«affaire des arts » ? Et surtout, la question se pose: qu’avons-nous encore vraiment à nous raconter ?
Le nombre d’artistes, de projets, ou encore la satisfaction forcément relative du public suffisent-ils à déterminer si le théâtre, dans le sens le plus large du terme, est encore vivant ? Ou alors en sommes-nous seulement réduits à reproduire sans fin ce qui a été fait par le passé ?

Par chance, là-dessus, les opinions divergent. C’est déjà ça.

Le principe ainsi énoncé, il est légitime de se demander quelle est encore la raison d’être du 2.21 et de poser une question - à nous-mêmes et aux créateurs d’ici : « quel est l’état de santé de la création et de la culture aujourd’hui ? ».

Le 2.21 pourrait se satisfaire d'une programmation de saison comme une autre; nous pourrions choisir les projets qui nous semblent être les meilleurs et nous dire, nous et nos chers artistes, qu’il suffit de prendre le vent et d’arriver là où il nous amène; pas forcément là où nous voulions aller.

Seulement voilà, le 2.21 existe parce qu’il est un pari permanent, pour lui-même, mais aussi pour et par les compagnies invitées. Et comme, pour notre prochaine saison, nous ne nous contenterons pas de faire ce que nous savons faire, nous lançons un nouveau pari. La saison prochaine ne sera pas, pour reprendre une image commune, un étroit chemin escarpé qui, peut-être, mène aux sommets espérés. Nous attaquons la vaste plaine, aux multiples sentiers à explorer, et aux possibilités infinies de marcher nombreux, de front.

Agent provocateur

Au travers d'une sorte de création globale, d'une démarche artistique en soi, nous allons tenter, non pas d'apporter des réponses, mais de questionner les créateurs d'ici sur la pertinence de leurs démarches et sur leur « état de santé ». Tout en programmant les créations « habituelles » qui correspondent au 2.21 depuis toujours, nous essaierons d'y insuffler une dynamique d’ensemble et nous nous hasarderons également à susciter des projets dans le cadre de cette réflexion. En proposant des spectacles dans toutes les disciplines que nous présentons habituellement, nous faisons le pari de créer des ponts entre tous les intervenants et de confronter tant les genres, que les moyens d’expression, l’expérience des jeunes et des vieux routards, les moyens de production, les possibilités de collaboration avec d’autres lieux, le soutien et l’intérêt de nombreux partenaires. En associant tous les participants à un événement qui s’étend non pas sur quelques jours ou semaines, mais sur une saison entière, nous tenterons de les inviter à se poser les questions inhérentes à leur statut de créateurs, à leurs nécessités et à leurs raisons de « pratiquer », aux formes et aux manières de réaliser les projets.

Bien entendu, nous solliciterons les artistes, les créateurs, les auteurs, mais également les autres théâtres, tous les médias, les partenaires financiers, les écoles publiques et professionnelles. Jusqu’où et comment serons-nous tous prêts à aller ? Quel appui, quelle envie, quel besoin de participer ou de soutenir les acteurs de la vie culturelle ? Quelle capacité de remise en question et quelle détermination ?

Oui, il y a là un brin de provocation, mais ni démagogie, ni volonté d’être moralisateur. Au contraire, il s’agit seulement d’être le vecteur des démarches, des rêves, des choix et des prises de position des artistes que nous essayons de mettre en avant. C’est notre engagement, en coulisses.

Être ce porte-voix est une chose. Mais quelles seront ces voix à l'avenir ? Que devrons-nous défendre ? Ou contre quoi devrons-nous résister ?

Le 2.21 est un terrain de jeux. Nous le maintenons, aussi bien que nous le pouvons, accessible et en état d’accueillir les joueurs. Mais quel est le jeu que notre société, nos utopies, nos besoins, nos projets vont y jouer ?

Consumérisme, rapport qualité-prix, ville en vitrine pour les pays voisins ? Ou « Salon des Inventions » qui participe de notre capacité à tous d’être sujets et reflets du monde ? S’il s’agit de ramener la culture aux chiffres et à la seule faculté de rayonner dans le monde, nous avons peut-être perdu au jeu. S’il est question de retourner inlassablement la terre des jardins de la création, nous aurons éventuellement la chance de voir fleurir de nouvelles espèces.

C’est bien là-dessus, de façon dense, dynamique, la plus large possible, que nous voulons interroger le vivier de notre petit monde artistique lausannois.

Passage aux actes


Ainsi nous avons mis de nombreux projets dans la marmite. Certains se réaliseront, d’autres pas. Mais une chose est certaine : ce n’est qu’à l’été 2010 que nous saurons exactement ce qui s’est passé.
Un autre point est acquis : l’invitation à l’aventure est lancée, et nous verrons bien qui se joindra à nous. Comme tout le monde, convaincus d'avoir eu une bonne idée, nous espérons que nombreux seront ceux qui voudront s’y rallier et, en l’occurrence, se l’approprier et la porter aussi loin que possible.

Il y a donc, à la racine même de notre projet, matière à soumettre le défi à nombre d’intervenants potentiels. Et si c’est bien nous-mêmes que nous mettons avant tout à l’épreuve, il est certain que ce qui nous porte, alors que nous lançons cette idée, c’est de croire fermement qu’il serait incontournable pour tous ceux que nous contacterons d’en devenir partenaires.

A nous aussi, l’étendue de ce projet fait un peu peur. Il en va ainsi dans le monde de la création. Curiosité et idéalisme, peut-être est-ce de cette façon qu’il faut définir ce qui nous attend. Nous savons que nous ne serons pas exhaustifs, ni irréprochables, seulement fervents défenseurs de nos utopies, éventuellement de celles des autres.

Et en cela nous ferons ce que nous savons faire.

Bradshaw écrivait dans une courte nouvelle peu diffusée et intitulée Mon dernier succès m'a coûté cher :

« ... On nous dit que le monde appartient à celui qui se lève tôt.
... je constate que le monde du théâtre se couche tard. »

Faut-il en tirer une conclusion ?

 

Théâtre 2.21 - Industrie 10 - 1005 Lausanne
réservation: 021 311 65 14 - bureau : 021 311 65 40
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